samedi 8 décembre 2018

Cap Horn

Aujourd'hui, je vais vous parler de mon "Cap Horn". Ce n'est pas le "fameux" que nous allons bientôt franchir dans environ un mois et demi, c'est mon régulateur d'allure qui porte le même nom. Avec Francis, qui en est également équipé, nous l’appelons le "RA" dans nos nombreux échanges par sms sur Iridium Go. 
Le Cap Horn fait complètement partie de l'équipage car il prend très souvent la relève pour barrer Chanik. Je l'utilise assez souvent en alternance avec les pilotes automatiques "Laurent", "Raymond" et "Leslie". 
Il m'est arrivé une petite mésaventure avec mon Cap Horn : Juste avant d'arriver en Nouvelle Zélande, j'ai perdu la Pale immergée ... elle est allée prendre un bain mais n'est jamais revenue à bord. C'est ballot ! Maintenant, sans elle, ça marche beaucoup moins bien ! J'ai donc profité de mon escale en pays Kiwi pour contacter le constructeur au Canada, Yves Gélinas et son associé Eric Sicotte. Ils ont été très réactifs. Fabriquée en urgence, immédiatement à la suite de mon appel, la pale a été envoyée dans les plus brefs délais à Otago Yacht Club, là où je suis en ce moment. Je viens de la recevoir.

Nous sommes quelques uns sur "La Longue Route" à utiliser le "Cap Horn". Voici le lien du constructeur Cap Horn 

En attendant d'autres nouvelles de nos aventures avec Francis, je vous laisse profiter de la petite vidéo de coucher de soleil sur laquelle ont aperçoit le "Cap Horn", mon régulateur d'allure

mercredi 28 novembre 2018

Escale en Nouvelle Zelande

https://www.odt.co.nz/news/dunedin/solo-round-world-yachtsman-takes-long-way-homeJe suis arrivé lundi soir en Nouvelle Zélande. Je suis à Dunedin au "Otago Yacht Club" où j'attends Francis qui devrait arriver d'ici peu. Ses voiles d'avant sont à réparer.
En attendant voici un article paru dans le "Daily Times" d'hier.
Je vous en dirais beaucoup plus très bientôt ...
Bonne lecture

jeudi 22 novembre 2018

mercredi 14 novembre 2018

Génois, Anatifes et ... Champagne !

Comme prévu, Francis est venu me rejoindre à l'abri de la baie de Dover. Nous avons pu ainsi effectuer ensemble les réparations sur son gréement et particulièrement sur son génois. Il est ensuite monté en tête de mât pour un contrôle général. La vérification de sa trinquette s'est conclue par un démontage. Il aura ainsi tout le loisir de faire une bonne séance de couture en mer. Changer des pièces sur son pilote automatique et rendre étanche son coffre arrière seront les derniers travaux effectués sur son voilier « Alizés 2 ».
J'ai profité de cet halte pour gratter nos coques pleines d'anatifes (connus aussi sous le nom de bernacles). Ces parasites s'étaient surtout accumulés à l'arrière, de beaux bestiaux de 10 cm de long. La combinaison de 5mm de Francis n'était pas superflue pour aller patauger dans une eau à 13 ºC et aller batailler pour les extraire, c'est que ça tient bien ces « machins » ! On a enfin retrouvé la glisse de nos canotes avec leur coque toute propre.
Un grand merci à Matt du club de voile de Dover pour nous avoir autorisés à utiliser leurs bouées et à Jeremy pour son guidage par vhf. Tous deux nous ont offert aussi leur aide et leur assistance que nous avons déclinées. Nous avons préféré rester autonomes et ne pas descendre à terre. Nous évitons ainsi de compter cet arrêt comme escale.
Cela nous a permis également de laisser passer une grosse dépression, juste de quoi repartir sereins. 
La cerise sur le gâteau : faire sauter le bouchon de champagne et fêter la mi-parcours de notre « Longue Route Solidaire » Hummm ... un vrai régal de partager ça ensemble ! Une occasion unique pour refaire le monde ...
Nous avons repris notre route hier, cap vers Le Bono que nous espérons atteindre dans 4 mois ... 

samedi 10 novembre 2018

Interview de Magali Thiboud sur la Longue Route 2018

Merci Bruno pour cet interview de ma Galy, le 15 juin 2018, quelques jours avant mon départ du Bono :

vendredi 9 novembre 2018

Tasmanie

Chanik dans la baie de Dover .
 Je suis arrivé hier soir (jeudi 8 novembre) à 19h locale (GMT + 10) dans la baie de Dover, près de Hobart en Tasmanie. J'ai trouvé un abri tranquille pour attendre Francis. Nous interviendrons ensemble sur son gréement qui a subi des dommages lors de la dernière dépression. Nous enlèverons son génois qui s'est explosé dans le gros temps et bien entortillé autour de l'enrouleur. Nous mettrons en place son génois de rechange. Ce n'est pas une escale. Nous ne mettrons pas le pied à terre. L'idée est de rester autonome ...
Chanik va bien, elle tient le coup et je m’efforce de prendre toujours soin d'elle pour que nous arrivions ensemble en bon état. En attendant nous continuons à  profiter ensemble de cette belle aventure qui a déjà de nombreuses péripéties à son actif. L'océan Indien ne nous a pas épargné, fidèle à sa réputation, il nous a fait comprendre qu'il fallait rester toujours prudent si on voulait continuer à prendre du plaisir. Serait-ce là,une limite à la liberté choisie ?
En attendant, le marin aussi va bien. C'est pour beaucoup, grâce à sa Pénélope, Magali qui le soutien toujours et particulièrement dans les moments les moins faciles. Sans elle tout cela n'aurait pas été possible ! Nous avons, nous aussi, encore un long parcours à faire ensemble ...

vendredi 19 octobre 2018

Gestion de l’energie à bord

Chose promise, chose due ! Je vous ai parlé récemment de ma façon de gérer l'eau au cours de ce beau périple. Dans le même esprit, aujourd'hui je vais aborder le thème de l'énergie à bord. Autre vaste domaine qui va, encore une fois, être traité de façon légèrement différente d'un bateau à l'autre mais toujours avec une problématique commune à la base.

Notre principale source d'énergie, il va sans dire, c'est le vent. Le propre d'un voilier est bien sûr d'utiliser ce vent pour avancer. On pourrait en rester là - tout serait dit - et nous glorifier orgueilleusement en clamant haut et fort que nous n'avons besoin de rien d'autre. Nous serions ainsi les rois du bilan carbone. Mais nos voiliers sont également équipés de plus en plus de « trucs » qui se sont rendus « indispensables » pour assurer notre petit confort. Mais au fait, comment faisait-on avant ? Tous ces « machins » ont besoin d'électricité pour fonctionner et c'est ici que les ennuis commencent. Parce qu'il n'y a pas d'autres mots pour parler d'électricité à bord. C'est une vraie source de problèmes. Il y a deux principales raisons à ça : l'humidité permanente et les secousses. Oui, pour faire simple, un voilier ça trempe dans l'eau et ça bouge tout le temps, pour bénéficier d'un bon circuit électrique il existe de meilleures conditions !

Mais commençons par le début et faisons notre « bilan électrique ». Qu'est ce que c'est que ça encore ? Pour faire simple, il faut savoir combien on a besoin d'électricité par jour. Rappeler vous, les fameux Ampères. Ce sont les batteries qui vont nous les fournir, il faudra donc disposer d'un nombre suffisant pour faire fonctionner tout cela. Et enfin il faudra être capable de recharger ces batteries au fur et à mesure. 
Pour calculer le besoin en électricité il faut connaitre la consommation des appareils utilisés et leur temps de fonctionnement dans la journée. Le parc batteries doit être égal à 4 fois cette consommation journalière. Et enfin, le "must" est de profiter d'installations adéquates pour assurer la charge. 
Comparons un peu tout cela avec le fonctionnement de notre voiture. Celle-ci dispose d'une batterie qui permet de démarrer le moteur et de faire fonctionner les phares, essuie-glaces et autres auto-radio. C'est l'alternateur couplé au moteur qui assure la charge de cette batterie. Sur un voilier le principe général est le même. Il y a aussi un alternateur bien sûr ! Il serait largement suffisant pour la navigation côtière. Quand le moteur tourne et recharge en même temps les batteries, le tour est joué !
En revanche sur un voilier qui part faire le tour du monde pendant 300 jours, on ne peut pas se contenter de l'alternateur pour recharger les batteries. Il nous faudrait une quantité de gaz-oil énorme et bonjour notre fameux bilan carbone dont nous étions si fier au départ ! Cet alternateur, on se le garde en ultra grand secours au cas où ... Pour recharger les batteries sur un voilier, on peut utiliser aussi des panneaux solaires, une éolienne ou encore un hydrogénérateur. Il existe également des systèmes d'alternateurs attelés à la ligne d'arbre. Là encore il faut faire des calculs pour savoir si tout ça nous permettrait de suffisamment charger nos batteries. Les panneaux solaires ont besoin de soleil, Lapalisse n'aurait pas dit mieux ! L' éolienne a besoin de vent et l'hydrogénérateur a besoin de vitesse pour fonctionner. Il faudra donc s'équiper en bonne connaissance de cause.

Quelques chiffres pour les puristes : dans le cadre de La Longue Route, Chanik a besoin de 100 Ampères par jour pour faire fonctionner le pilote automatique (le plus gros consommateur d'électricité), les appareils et feux de navigation ainsi que l'éclairage et autres petits accessoires. Il n'y a ni frigo, ni chauffage, ni dessalinisateur qui sont de gros consommateurs, eux aussi, d'énergie. C'est un choix assumé. Pour fournir cette énergie, je dispose quand même d'un parc de 4 batteries de 100 Ampères chacune. Le moteur qui ne tourne jamais - ah ça y est, j'ai retrouvé la fierté de mon bilan carbone - dispose de sa propre batterie pour son démarrage. Pour charger les batteries j'ai 200 Watts de panneaux solaires, une éolienne (dont j'ai déjà cassé deux pales mais qui fonctionne malgré tout, un peu moins bien c'est certain !) et un hydrogénérateur dont je ne me sers que très rarement, en grand secours. 

Au final, comme pour l'eau, il faudra savoir être économe et ne pas gaspiller son électricité. Un bon contrôleur devient un accessoire très pratique pour connaitre en permanence l'état de sa consommation.

Nb : je n'ai pas trouvé de petit nom sympa pour l'installation électrique. Buzz, peut-être ! comme « Buzz l'éclair » ... mais il doit y avoir mieux. Je vous laisse y réfléchir. Vous pouvez me soumettre le fruit de vos réflexions. Le gagnant aura droit à ... là c'est moi qui vais réfléchir !

En attendant Chanik et moi nous approchons tranquillement de l'Australie. Le Cap Leeuwin n'est plus très loin. Mais je vous en parlerai à ce moment là. D'ici là, vous pouvez toujours suivre notre position sur les cartes ...

A bientôt,

samedi 13 octobre 2018

"Claire"

 Nous sommes au 100 ème jour de mer et nous nous approchons tranquillement de la longitude du Cap Leeuwin, au sud est de l’Australie, deuxième grande étape du parcours. Je pense y arriver dans une dizaine de jours. En attendant, Chanik et moi progressons assez bien en ce moment. Je profite d’un bon vent portant qui souffle entre 20 et 30 noeuds et la mer qui va avec. Ce qui nous fait beaucoup rouler. Tout va bien à bord avec un peu de bricolage quand même : je suis en train de réparer le support du vérin hydraulique de « Laurent », mon deuxième pilote automatique. Il a lâché il y a 3 jours. Démontage, ponçage, grattage, sciage, stratification ... de quoi bien s’occuper dans des conditions un peu rock’n roll ! Remontage du support prévu dès que la mer se sera calmée. En ce moment nous subissons une houle de 4 mètres. Voilà pour les nouvelles du jour ... Et sinon, quel peut bien être le quotidien d’un marin de La Longue Route ? Bien entendu son objectif principal est de faire avancer son bateau au mieux pour boucler cet énorme parcours.Navigation, analyse météo, routage et réglages des voiles permettent tout cela. Mais pour le reste, ça se passe comment ? Comment vit-on en mer, tout seul lorsque l’on part réaliser un parcours aussi long ? Excellente question ! Le grand principe, en fait, est d’arriver à rester en autonomie complète dans tous les domaines. En plus de devoir faire face aux problèmes techniques, le bonhomme doit aussi gérer tout seul son alimentation, son sommeil, sa santé, ses craintes, son moral et aussi ses loisirs. Les besoins en eau et en énergie sont des domaines qu’il faut avoir anticipés.
 Pour répondre directement à une question de Serge, j’ai décidé aujourd’hui de vous parler de la gestion de l’eau à bord. Vaste sujet car si nous avons tous les mêmes besoins, chacun des participants à La Longue Route gère cette question de façon différente. Il nous faut boire, faire la cuisine et éventuellement nous laver. Serge énumérait les besoins d’un homme à terre : « ... j'ai calculé que par jour il faut boire 1,5l + la cuisine 0.5l + la toilette 3l ça fait 5l minimum par jour. Ça fait peu, ça serait plus 10l par jour. Mais vu le contexte je t'accorde 7l/jour. En prévision de 300j de mer il t'a fallu embarquer 2100 l. Et là je suis perplexe ... ». Effectivement il y a de quoi l’être. Impossible d’embarquer autant d’eau sur nos petits voiliers. Il y a la solution évidente d’utiliser un « déssalinisateur ». Dans le nautisme, il y en a maintenant de très bons qui savent produire 4 à 5 litres d’eau douce à l’heure à partir de l’eau de mer. Ce système est basé sur le principe de l’osmose. Certains d’entre nous en sont équipés. C’est toutefois une installation complexe, coûteuse et gourmande en énergie. Et c’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de ne pas m’en équiper. Il faut donc faire autrement mais surtout faire déjà très attention à sa consommation et éviter le gaspillage. J’ai prévu d’utiliser 3 litres d’eau douce par jour, tous besoins confondus. Ce qui représente 900 litres pour 300 jours de mer. A bord, je dispose de 300 litres dans mes cuves et j’ai embarqué 300 litres d’eau minérale en bonbonne. Ce qui fait un total de 600 litres disponibles à bord au départ. Il me manque donc 300 litres que je compte récupérer avec la pluie. Avant le départ, je me suis confectionné une bâche spéciale qui me permet cela. J’ai d’ailleurs surnommé mon installation « Claire » ... comme "à la claire fontaine"...! Bref ! Je ne vous cache pas que l’utilisation de ce système est un peu compliquée surtout quand il y a beaucoup de vent comme en ce moment. Le rendement n’est pas très bon et il faut accepter d’aller se faire tremper pour l’utiliser ... On ne parle ici que de l’eau douce. Heureusement, on dispose d’eau de mer à profusion. Ce qui permet de faire fonctionner les toilettes, de faire la vaisselle et de l’utiliser aussi un peu en cuisine. Je vous parlerai, une autre fois de la gestion de l’énergie ...

vendredi 28 septembre 2018

Raymond, Laurent, Leslie et autres barreurs ...

Une navigation en solitaire, aussi longue soit-elle comme peut l'être celle-ci par exemple, oblige son skipper à prendre un certain nombre de dispositions. Le pilotage du bateau est un des domaines importants à bien anticiper. En équipage le problème est assez simple, les marins se relaient en permanence, ils « prennent le quart » à tour de rôle et peuvent barrer pour diriger le bateau. En revanche, le solitaire doit tout faire tout seul à bord, toutes les tâches nécessaires à la bonne marche du bateau, les manoeuvres de voiles, étudier la navigation et la météo, faire le routage, mais aussi il doit prendre du temps pour lui, pour se restaurer, dormir, etc, ... Il ne peut donc pas rester tout le temps derrière sa barre. Il a besoin d'un équipement adéquat qui prend le relais. 
Si je donne l'impression d'enfoncer ici des portes ouvertes à évoquer un sujet aussi évident que le pilotage automatique, c'est pour montrer l'importance qu'il revêt dans le cas d'une navigation extrême en solitaire.
En 1895, Josuha Slocum utilisait un simple bout qu'il amarrait autour de la barre pour maintenir le cap du « Spay » lors de son tour du monde en solitaire. Pour sa « Longue Route » en 1968, Bernard Moitessier avait équipé son « Joshua », d'un régulateur d'allure. Aujourd'hui nous avons tous un pilote automatique sur nos voiliers. 
L'évolution des technologies a grandement facilité la pratique de la plaisance dans beaucoup de domaines comme par exemple celui des communications, de la cartographie électronique, du GPS et aussi de l'enrouleur de génois. Le pilotage automatique en a aussi pleinement bénéficié. Mais voilà, la face cachée de la lune, l'électronique et la mer ne font pas bon ménage. Les pilotes automatiques, comme tous les autres appareils à bord sont sensibles à l'humidité, à des connexions mal faites qui ne vieillissent pas bien ou encore aux mouvements violents que peut subir un bateau à cause du mauvais temps. Tout cela provoque des faux contacts ou de nombreuses pannes.
On imagine bien, dans ces conditions, que pour partir autour du monde en solitaire en voilier il faut être sûr de la fiabilité de son pilote automatique, de son « équipier », je devrais dire ! 
En ce qui me concerne, j'ai fait le choix d'équiper Chanik de deux pilotes automatiques et d'un régulateur d'allure. De plus, sur mon régulateur d'allure, j'ai opté pour une option supplémentaire, l'utilisation possible d'un tout petit pilote de barre franche connecté sur le système de drosses. Ce pilote remplace l'aérien dans ses conditions limites d'utilisation.
Chacun de ces 4 pilotes ont tous leurs avantages mais aussi leurs défauts. Pour déléguer ce genre de tâche de façon plus humaine, je me suis amusé à leur attribuer un petit nom à chacun. Il y a d'abord « Raymond » qui a déjà de nombreux milles au compteur. C'est lui qui m'a emmené faire le tour de l'Amérique du sud en 2012. Nous avons passé le Cap Horn ensemble dans des conditions épouvantables. Pendant cette période, j'ai passé beaucoup de temps à le réparer, à le maintenir en état et au final il est encore là, toujours fidèle au poste. Il reste encore aujourd'hui, mon petit préféré ! Depuis, j'ai installé un régulateur d'allure en 2013, au Brésil, avant de ramener Chanik en France. A la suite des nombreuses pannes de Raymond, j'ai préféré le seconder par ce système entièrement mécanique qui a déjà fait ses preuves dans le nautisme depuis plus de 50 ans. Son fonctionnement, essentiellement mécanique, demande quand même une certaine habitude dans son utilisation. De plus son rendement n'est pas optimal dans tous les temps. En revanche, lors de son fonctionnement, plus de problèmes électroniques, il ne consomme aucune électricité à la différence des autres. Son concepteur, Yves Gélinas, l'avait déjà baptisé « Cap Horn ». Quel joli nom ! Le petit pilote en option qui se connecte dessus a reçu le surnom de « Leslie ». Peu gourmand en électricité je lui ai attribué un rôle de grand secours. Et enfin il ne faut pas que j'oublie de vous parler du « petit » dernier qui est en fait une vraie bête de course : « Laurent » est très puissant mais il est aussi très gourmand en électricité, ce qui fait que je ne l'utilise pas beaucoup. Je reviendrai d'ailleurs, plus tard sur ce sujet de l'autonomie en électricité. J'ai donc un équipage de quatre marins qui peuvent « prendre la barre ». L'idéal pour un solitaire ! Imaginez les concurrents de la GGR qui ne peuvent utiliser que le régulateur d'allure.
Depuis le départ, Raymond et le Cap Horn se relaient très souvent mais je ne vous cache pas que j'aime beaucoup barrer aussi. Je veux bien passer pour un fou car aujourd'hui plus personne ne barre. Le pilote automatique a rendu le marin feignant ! A bord, il m'arrive d'y passer plusieurs heures par jour. J'adore ça! C'est à la barre que je vois tout, que je ressens tout. C'est à ce moment là que Chanik me parle. Moment de fusion entre nous. Elle me dit si les voiles sont bien réglées ou si la mer n'est pas trop mauvaise pour elle. Elle me transmet sa joie de filer à toute allure dans les vagues, à vouloir tracer son sillon dans la lame, l'écume jaillissant de l'étrave. Elle me fait partager son bonheur à dévaler les pentes des grosses vagues et m'emporte avec elle dans des surfs endiablés. Au bout d'un moment elle sait aussi me fait sentir « ça va bien l'ami, tu peux me laisser seule avec Raymond maintenant et aller vaquer à tes occupations, on a bien la situation en main tous les deux».
Aujourd'hui, ils sont encore très vaillants tous les quatre. Je touche du bois ...
Je me souviens (Hé papy !) d'une des premières chansons de marin que j'ai apprises en rentrant dans la Marine, en ... il y a 40 ans déjà ? la vache ! comme le temps passe vite ! J'ai l'impression que c'était encore hier ... cette chanson donc, faisait comme ça : 
« ... Hé garçon prends la barre,
Vire au vent et largue les ris ... ».

J'avais 20 ans, ... on ne se refait pas !

dimanche 23 septembre 2018

Ocean Indien

Entre le Cap de Bonne Espérance (au sud de l'Afrique) et le Cap Leeuwin (au sud de l'Australie) s'étend l'Océan Indien sur 4500 nautiques (plus de 8000 km). Nous évoluons en ce moment dans sa partie australe, une grande première ! J'ai décidé de nous immiscer avec prudence dans ce doux enfer. N'étant pas très rassuré à l'avance, je l'aborde délicatement et découvre que sa mauvaise réputation n'est pas surfaite. Des voiliers de la GGR avec qui nous naviguons en ce moment, y ont déjà subi de graves avaries. 
Certaines journées sont particulièrement agitées comme je le décrivais précédemment. Les prévisions météo maintes fois analysées nous laissent au final face à l'évidence: le mauvais temps est là. La vie à bord devient vite un enfer et nous passons alors en mode survie. Les vagues déferlent et viennent s'éclater sur la coque dans un vacarme assourdissant. On a l'impression dans ces moments là de subir des coups de boutoir. Malgré une assez bonne étanchéité, l'eau arrive quand même à rentrer. Les cales se remplissent doucement et tout devient humide à bord. Le froid s'installe, il ne reste plus qu'à enfiler des couches de vêtements les unes sur les autres pour éviter d'attraper la mort. Là, tout est bon, même la bouillotte offerte par ma Galy avant le départ devient un délice! L'angoisse monte et il n'y a plus qu'à espérer que le mauvais temps s'estompe bientôt pour retrouver une « vie normale ».
En revanche, il arrive aussi souvent de bénéficier de magnifiques moments de plénitude, de ceux que nous sommes venus chercher, où tout est un vrai régal à vivre. Dès l'aube les couleurs s'annoncent douces, le ciel dégagé laisse passer un soleil radieux et la température vient avoisiner les 20°C. On peut passer des heures assis dehors dans le cockpit à regarder inlassablement le vol des albatros, des pétrels et autres puffins. Ils dessinent des arabesques dans le ciel et planent au ras des vagues sans jamais bouger leurs ailes. Comment ne pas se laisser subjuguer par un tel spectacle ? On peut aussi s'installer dehors pour lire au soleil le roman du jour. C'est alors le moment de tout ouvrir pour laisser rentrer le bon air, aérer et faire disparaitre les traces d'humidité qui commençaient à perler sur les hublots. Les vêtement sont sortis pour une séance de séchage au naturel, comme à la maison. Opérations d'ailleurs souvent vaines car une fois que les vêtements ont pris l'eau de mer ils n'arrivent plus vraiment à sécher. Mais ce n'est pas grave car cette ambiance presque tropicale, en tous les cas surréaliste, laissent entrevoir les prémices du bonheur ! Et le soir arrive sans bruit. Il nous offre le plus beau des couchers de soleil pour clore cette journée de rêve ...
Entre les deux il y a les autres jours. Ces journées où la seule réelle préoccupation est de faire avancer le bateau dans les meilleures conditions possibles de sécurité en fonction de la météo qui s'offre à vous. Même si le vent peut se mettre parfois à tomber, la mer, elle, reste toujours agitée et un grain peut survenir n'importe quand. Cela vous apprend à ne jamais mettre toute la toile pour pouvoir étaler les bourrasques si besoin. Cet Océan Indien est un terrain de jeu très sportif qui demande une attention de tous les instants. Il abrite, en l'occurence les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises), comme par exemple Kerguelen, Crozet, Amsterdam, qu'on surnomme volontiers les « îles de la désolation » ... !

Une pensée toute particulière pour Abhilash Tomy, concurrent de la GGR, blessé et coincé au fond de son bateau démâté après s'être retourné. Il attend les secours qui devraient arriver d'ici deux ou trois jours.

mardi 18 septembre 2018

Les portes de l’Apocalypse

Avant de se lancer dans une telle aventure autour du monde à la voile en solitaire et par les 3 caps, imaginer les difficultés à affronter dans tous les domaines reste une gageure. 
On pense tout d'abord aux problèmes d'autonomie. L'humain n'est pas habitué à vivre 300 jours d'affilée dans un milieu qui n'est pas le sien. Il faut essayer de « tout » prévoir à terre, avant le départ et on réalise très vite, en mer, que c'était impossible. A la première difficulté rencontrée, on doit s'adapter avec ce qu'on a. La prise de conscience de ne plus disposer du confort de la vie terrestre vous explose en pleine figure. Mais je reviendrai une autre fois sur ce sujet, plus en profondeur.
Aujourd'hui je voulais surtout vous parler de la réalité du milieu. Et là je pense que c'est la plus grande inconnue : la mer ! Celle qui illustre si joliment les catalogues des agences de tourisme pour vous vendre des voyages de rêve n'est pas du tout celle que l'on va rencontrer. Elle est dix fois plus belle à vivre dans de telles conditions, sur son bateau, en harmonie avec les éléments qui nous entourent. On a le temps d'en profiter et de réaliser l'immense bonheur qu'elle peut procurer à l'homme, au marin solitaire, loin des plus beaux rivages du monde ... A terre, on ne peut qu imaginer et on sera toujours tellement loin de la merveilleuse réalité. C'est encore plus vrai lorsqu'elle se déchaîne. Les plus beaux films maritimes ne pourront malheureusement jamais retranscrire les réelles émotions ressenties dans la furie. 
Même si j'étais loin de subir le pire qu'il puisse encore arriver d'ici à la fin du parcours, j'ai vécu hier une journée très difficile. Et c'est dans ces moments là que l'on prend vite conscience de la dure vie de marin. Une mer forte due à un vent fort à affronter de face plantent le décor d'une navigation compliquée. Chanik et moi étions à la limite de nous mettre en situation de « fuite » pour étaler ce mauvais temps. J avais décidé d'avancer au près contre 30 à 35 noeuds de vent établi. Au final nous en avons beaucoup souffert. Chanik était vautrée en permanence malgré une voilure réduite au minimum. La forte gite permanente me faisait marcher sur les murs. Et nous avons subi quelques avaries: la fixation des WC s'est arrachée, une porte d'un placard s'est envolée et l'éolienne a perdu 2 pales. De nombreuses déferlantes arrivaient à faire rentrer de l'eau à l'intérieur malgré le maximum de précautions d'étanchéité prises au fur et à mesure. C'est là qu'on s'aperçoit qu'un bateau n'est pas un tupperware ... beaucoup de stress et d'anxiété, et beaucoup de temps en mode "survie" à tenter de ramasser tout ce qui valdinguait à travers le bateau et le reste du temps à essorer l'eau des cales ... un vrai bonheur à vivre !
Aujourd'hui, cela va beaucoup mieux. Un vent de 20 noeuds nous pousse sous un soleil radieux. Magique ! 
Après coup, ou encore, loin de tout cela, bien installé dans son canapé à la maison, il est toujours facile de critiquer notre choix. Mais je ne peux pas m'empêcher de le faire, comme vous sans doute ; peut-être aurais-je dû affaler complètement ma grand-voile ou bien me mettre à la cape ou encore prendre la fuite ... J'aurais pu aussi tout simplement ne pas être là à tenter de vivre ce périple délirant. J'aurais pu rester avec vous, à partager avec bonheur une bière. Nous aurions évoqué ensemble, avec nostalgie, la possibilité de pouvoir « rêver un impossible rêve ... » que savait si bien décrire Le Grand Jacques.
« Encore un grand Merci à toi, Magali, ma Pénélope, pour ton soutien sans faille ! Sans toi, sans tes messages, j'aurais déjà abandonné 10000 fois depuis le début et peut-être encore hier... "

mardi 11 septembre 2018

Good Hope

Good Hope,

Comme il porte bien son nom celui-là ! Il n'a jamais été aussi désiré ... espéré. Comme le chemin a été long pour en arriver là ! Je ne repasserai pas en détail, une nouvelle fois, toutes les étapes du début de l'aventure, vous commencez à bien les connaitre. Mais n'ayez crainte, j'y reviendrai encore, mais un peu plus tard ... 
Aujourd'hui, je voudrais vous parler de notre cher et regretté Guy Bernardin, sans qui je ne serais pas là aujourd'hui, sur ce tour du monde en solitaire à franchir ce Cap de Bonne Espérance. C'est lui, il faut quand même le rappeler, qui m'a entraîné, sans le vouloir, dans cette incroyable aventure comme il a également entraîné derrière lui, 25 autres marins aux navigations inassouvies. Il a su réveiller au plus profond de moi, de nous, ce désir d'aller jusqu'au bout. Il m'a laissé imaginer qu'un marin ordinaire pouvait le faire avec un bateau ordinaire. Mais en même temps, il nous avait confiés, lors de notre deuxième rencontre, que peu d'entre nous arriveraient au bout. Il voulait nous faire comprendre que nous ne partions pas non plus pour une partie de rigolade ! Il avait même rajouté qu'un tiers ne partirait pas, qu'un autre tiers n'atteindrait pas le Cap de Bonne Espérance et qu'au final, nous ne serions pas nombreux à l'arrivée. Je l'entends encore « Gardez toujours à l'esprit qu'avant tout vous partez pour vous faire plaisir ». Il avait raison sur toute la ligne !
Aujourd'hui le premier Cap est passé, le premier quart du parcours. L'Océan Indien m'ouvre ses portes pour la suite de l'aventure ...
Mes pensées vont également vers Magali, ma compagne et je la remercie d'être là depuis le début. Elle me soutient malgré la grande difficulté que ça représente pour elle(s) qui reste(nt) à terre ... « Femmes de marins, femmes de chagrin...»

mercredi 5 septembre 2018

Balise Argo

Plouf ! A midi, j'ai mis à l'eau une gigantesque bouée de 2 mètres de haut et pesant près de 20 kg. C'est le fruit de ma participation à une mission scientifique baptisée « Projet Argo »

ARGO est un programme international, sous l'égide de l'UNESCO, qui utilise des balises pour mesurer la température, la salinité et les courants de la couche supérieure des océans. Ce projet propose de mieux comprendre les interactions océan atmosphère. Il permet de prédire les impacts des changements climatiques sur les communautés côtières, de mieux gérer les incidents naturels ou pollution et de protéger les écosystèmes marins en vue de leur utilisation durable. 
Pour faire ces mesures, des capteurs (balises) sillonnent les océans et mesurent en permanence des données de la mer. Celles-ci sont ensuite transmises par satellite aux organismes scientifiques comme par exemple, l'IFREMER, le CNES, le CNRS, METEO-FRANCE et le SHOM.

Le principe de fonctionnement de ces balises est le suivant : elles plongent, de façon autonome, pendant 10 jours jusqu'à 1000 mètres en ensuite 2000 mètres de profondeur. Pendant cette période elles enregistrent des données (température, salinité, immersion, courant). Ensuite elles remontent en surface pour émettre leurs enregistrements vers les satellites. Puis elles repartent pour un autre cycle de 10 jours...ainsi de suite jusqu'à la fin de vie de la balise (en moyenne 4 ans).

Participer à cette Longue Route, pour Francis et moi, c'était également prendre part à ce projet international. Au moment de notre rassemblement au Bono le 18 juin dernier, nous nous sommes donc vu confier par l'IFREMER, deux balises chacun avec pour mission de les mettre à l'eau dans des zones bien définies au départ. Et aujourd'hui, grand jour, j'ai déclenché la première mise à l'eau. Les autres balises seront déployées vers le Cap de Bonne Espérance que nous approchons à grands pas et en Océan Indien.
C'est une réelle fierté de participer bénévolement, à notre petit niveau, à ce programme scientifique international. Pour ma part cela fait partie intégrante de mon projet Longue Route sous son aspect « Solidarité ».

dimanche 19 août 2018

Baleine ...

Le journal de bord indique que j'entame ma 44ème journée de mer. Près de 5400 Nq parcourus sans s'en rendre vraiment compte. Il faut dire que deux escales techniques se sont déjà immiscées dans notre parcours, au Cap vert et au Brésil. Nous les avons faites avec Francis Tolan qui navigue sur « Alizés2 », son Océanis 43. Ce tour du monde sans escale s'est transformé pour nous en une « Longue Route Solidaire » ! Tout au long de nos journées nous communiquons beaucoup par Iridium. Nous échangeons nos positions, nos impressions, nos analyses météo, des conseils avisés, nos petits malheurs du quotidien et aussi nos joies du moment en direct ... 
Au lendemain de notre départ du Brésil, une gentille mais surtout énorme baleine a croisé mon chemin, un monstre mesurant deux fois Chanik au moins. J'ai aussitôt appelé Francis sur la VHF portable que j'avais à portée de main pour lui faire partager mes impressions en direct.  Excité comme un gamin, j'ai laissé éclater toute ma joie à la radio mais je crois que Francis a ressenti également un brin d inquietude dans ma voix !
Moment impressionnant, et de pur bonheur ! 
Francis, à la radio, me disait de prendre mon appareil photo. Mais l instant était unique et éphémère : pas le temps de descendre chercher un appareil, j'ai préféré vivre pleinement cet épisode magique...
Toutes les technologies du mondes, aussi sophistiquées soient-elles, ne pourraient jamais rendre compte parfaitement de l'instant présent. Seul l'artiste, peut-être, arriverait à transcrire ses propres émotions en jouant des mots, des formes et des couleurs avec toute sa sensibilité... »

mercredi 8 août 2018

Marina Jacaré Village

Il y a pire comme endroit pour faire une escale technique forcée ! En tous les cas Merci au fils de Francis (directeur de la Marina Jacaré) pour cette vidéo sympa.
En ce qui concerne notre programme nous sommes prêts à repartir. Les problèmes d'étanchéité sont résolus pour pouvoir affronter sereinement le grand sud. Demain nous recevrons les voiles données à réparer à Christoph. Vendredi nous ferions un petit complément d'avitaillement et le départ est prévu samedi matin aux aurores ...

vendredi 3 août 2018

Interview croisé avec Francis

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Merci à Voiles et Voilier pour cet interview croisé. Prises de vues réalisées au Bono à la mi-juin avant le départ

jeudi 2 août 2018

Fuites au Brésil

Depuis 2 semaines, date de notre (re)départ du Cap Vert, escale technique et solidaire pourréparer l’enrouleur de Génois de Francis sur Alizés 2, nous avons fait notre petit bonhomme de chemin. Chanik avançait très bien avec de bonnes moyennes (entre 120 et 150 nautiques par jour). Nos compagnons de route nous suivaient tranquillement. Nous avons ainsi profité des Alizés pour nous amener aux portes du « Pot au noir ». Il a fallu mettre en place la bonne stratégie pour franchir cette « Zonne de Convergence Intertropicale » si compliquée avec son lot de calmes plats et d’orages violents. Les fichiers météo se sont avérés fiables et nous ont permis de bien négocier cette étape pénible. Il y a eu ensuite le « Passage de la ligne », beaucoup plus agréable mais surtout symbolique. Neptune nous a poinçonné notre ticket pour franchir l’équateur et rentrer enfin dans l’hémisphère sud. Nous allons passer beaucoup de temps dans cette partie du globe, environ 7 ou 8 mois. Nous naviguerons dans des conditions difficiles pour y franchir « les 3 Caps » et affronter les mers les plus hostiles du monde. 
Cette dernière quinzaine m’a permis de découvrir de nombreuses fuites sur Chanik. Les conditions météo difficiles, pluies orageuses, vagues qui balayent le pont en permanence sont le meilleur moyen de les mettre en évidence. Il y en a trop ! J’ai donc décidé de m’arrêter au Brésil pour résoudre tous ces problèmes. Je n’ai pas envie d’affronter le Grand Sud où la météo sera encore plus dure avec une passoire ... Dommage car nous avions retrouvé notre rythme. Mais c’est, en fait, un mal pour un bien. Nous repartirons ainsi en toute sérénité, sécurité et surtout ... au sec ! Francis a décidé de venir me rejoindre pour m’aider à faire le point. Je l’attends donc à « Jacaré ». Merci à toi Amigo ! 

vendredi 20 juillet 2018

Mise à jour de ce blog

J'ai trouvé utile de vous expliquer comment ce blog est mis à jour. Je n'ai bien sûr pas internet à bord comme à la maison, mais j'ai embarqué un téléphone par satellite Iridium. Il me donne aussi la possibilité d'envoyer et de recevoir des mails. C'est ce circuit-là que j'utilise pour écrire de nouveaux articles. Mais là encore, ce n'est pas comme à la maison. C'est un service (transmissions data) qui fonctionne à une vitesse très lente (bas débit). Je suis donc limité à n'envoyer et ne recevoir que du texte. Les pièces jointes sont pratiquement impossibles à transmettre.
Ça se passe donc ainsi : j'envoie mon article au blog en utilisant une adresse mail prévue à l'avance. Magali se charge de vérifier que la transmission se soit bien faite et au passage elle peut aussi corriger mes « fôôôtes ». Elle y ajoute parfois des photos qu'elle juge appropriées. En retour, je reçois vos commentaires et je peux même vous identifier si vous laissez votre nom. Je ne peux malheureusement pas vous répondre mais j'adore vous lire alors ne vous privez pas !

Enfin, si vous ne voulez rater aucun article, vous pouvez toujours vous abonner en bas à droite.

Dans le même esprit, je vous parlerai, dans un prochain article, de la façon de recevoir la météo à bord.

mardi 17 juillet 2018

Départ de Mindelo - Reprise de La Route

Ça y est ! Tout est réparé. Appareillage de Mindelo ce matin. Nous reprenons notre "Longue Route". Nos compagnons de route (Tony et Anders) sont déjà au niveau du Cap Vert et nous allons pouvoir naviguer de conserve ...
Les concurrents de la GGR approchent également à grands pas . Il va y avoir un gros regroupement de bateaux. Cela risque d'être passionnant !

vendredi 13 juillet 2018

Escale solidaire au Cap Vert


Enrouleur démonté
Nous sommes dans la nuit de jeudi à vendredi. Chanik se glisse doucement dans le canal de Sao Vincente par le Nord. Les lumières de Mindelo brillent au loin et montrent l’entrée du port. Nous y accosterons doucement au petit matin pour rejoindre Alizés II et Francis son Capitaine.
Tout cela s’est décidé deux jours plus tôt. Francis, avec qui nous échangeons toute la journée par sms, via l’Iridium, m’annonce qu’il est contraint de faire une escale technique au Cap Vert pour réparer son enrouleur et son gréement. Je lui ai donc proposé de l’accompagner dans cette épreuve et nous voilà tous les deux au Cap Vert .
Après un départ symbolique du Bono, le 18 juin, c’est finalement, quelques jours plus tard, du Crouesty que nous avons fait notre « Start » officiel pour « La Longue Route 2018 ». Il y a plusieurs mois que nous avions décidé ce plan. Jusqu’à la dernière minute, Francis m’a aidé et attendu afin que nous puissions finalement, partir ensemble comme prévu. Avec Francis, une seule parole suffit ! Nous avions décidé tacitement, de faire « Route solidaire ».
Nous faisons partie tous les deux de l’association « Voiles Sans Frontières ». Il n’y a probablement pas de fumée sans feu … !

vendredi 6 juillet 2018

mercredi 4 juillet 2018

A l’approche des alizés

Voilà déjà 11 jours que j'ai quitté Le Crouesty. Cela représentait mercredi, 1300 nautiques au point de midi. Soit une moyenne de près de 5 noeuds et de nombreuses manoeuvres pour optimiser la bonne marche de Chanik. Tout cela, bien sûr, en gardant la marge de sécurité nécessaire qui s'impose lorsque l'on navigue en solitaire ...
J'ai appareillé samedi 23 juin (j'en ai d'ailleurs profité pour ouvrir un beau cahier tout neuf intitulé « La Longue Route 2018 », étonnant non ? pour y notifier tout plein de choses obligatoires mais aussi toutes les autres, plus intimes celles-ci, une sorte de confident !) en compagnie de Francis, fidèle compagnon de La Longue Route, qui m'a gentiment attendu avec Alizés 2, son superbe Océanis 43. Merci l'ami ! La « Solidarité des gens de mer » prend tout son sens avec toi. Nous avons décidé de veiller l'un sur l'autre durant le parcours ! Nous sommes effectivement en contact permanent depuis le départ et nous partageons ... nos états d'âme, entre autres ! Et comme il a un voilier plus grand, plus récent et plus rapide que Chanik, il a décidé de me laisser un peu d'avance. En fait, nous ne faisons pas la course et cela nous convient très bien !
Pour l'instant nous avons eu une météo très clémente, avec bien entendu notre lot de calmes plats, notamment en arrivant sur le Cap Finisterre. Progressivement le vent portant nous rapproche tranquillement des alizés. Leur arrivée n'est maintenant plus qu'une question d'heures. A bord de Chanik, nous avons déjà pris certaines mesures. La Grand Voile est affalée, le génois est tangonné (c'est un parement qui convient très bien à Chanik dans ces cas là !) nous sommes désormais prêts à recevoir de l'arrière ou au grand largue ces vents continus de 20 à 30 noeuds dans une mer houleuse ... probablement cette nuit ! En tous les cas, nous devrions traverser demain Les Canaries ...

mercredi 27 juin 2018

Merci !


Voila, le grand saut est fait. Nous voici, Chanik et moi, élancés sur ce prodigieux projet qu’est « La Longue Route 2018 ». Je n’en reviens pas moi-même ! J’ai tellement de choses à dire : 300 jours ne seront pas de trop ! Je vous préviens, je risque de vous saoûler mais tant pis je me risque. Je tâcherai de distiller mes impressions petit à petit au fil de ces articles.


Aujourd’hui, la première chose que j’ai à dire, c’est un énorme MERCI. Ça parait simple comme ça, simple comme bonjour, « Tiens salut ça va ?  au fait ... merci! ». En réalité, c’est probablement ce qu’il y a de plus difficile à dire. Faire un grand merci général où chacun prendrait la petite partie qui lui revient ? Trop facile !

Si j’ai réussi à partir enfin pour entamer sereinement cette aventure incroyable, c’est grâce à tellement de gens que j’ai peur d’en oublier si je tentais de les énumérer tous les uns après les autres.


Grâce à Jeanneau et l’INB, il y a eu la préparation technique. Au bout de 9 mois une nouvelle Chanik est née. Plus d’une cinquantaine de stagiaires ont travaillé directement ou indirectement avec moi. De nombreux amis m’ont rejoint et ont contribué à leur façon. De nouveaux amis sont apparus. Des inconnus ont contribué au projet. Un ami artiste très talentueux m’a simplement envoyé un poème car il n’avait rien d’autre à m’offrir mais il tenait à me soutenir ... et d’autres m’ont sauvé du gouffre financier la veille de mon départ. C’est énorme !

Je pense sans cesse à Magali qui depuis plus d’un an et demi me soutient sans relâche. Je sais combien c’est difficile pour elle mais elle est encore là, c’est un signe ! Je pense aussi à mes enfants ...

En tous les cas, je ne pars pas seul: vous êtes TOUS là avec moi. Vous voici donc embarqués dans l'aventure, et je vous promets que je reviendrai vous la raconter de vive voix.

Pour vous remercier, je vous offre mon premier coucher de soleil ...



A très bientôt.


Fanch

samedi 23 juin 2018

Depart

Ça y est ! Le grand jour est enfin arrivé.
Alizés 2 (barré par Francis) et Chanik avons pris le départ du Crouesty ce matin à 11h. Que d'émotions et de messages ...
Un grand MERCI à tous pour votre soutien et votre accompagnement. Vous nous accompagnez dans notre coeur.

Biz

À très bientôt

Fanch
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Envoyé de mon appareil Android avec K-9 Mail. Veuillez excuser ma brièveté.

mardi 19 juin 2018

Navigation sur tablette

Je suis enchanté de partir réaliser cette grande boucle en utilisant l'application Weather4D Routage & Navigation sur iPad associée à l'Iridium GO!™. Je le dois à Francis Fustier, notre grand spécialiste national dans ce domaine. Un grand merci à lui pour son accompagnement, sa patience, sa disponibilité et son professionnalisme. Si vous ne le connaissez pas encore, je vous propose de découvrir son site et vous entrerez dans la nouvelle aire de la navigation embarquée pour la plaisance.


mardi 22 mai 2018

Votre nom autour du monde

L'échéance du départ approche à grand pas. Dans un mois je serai parti !

Depuis le 7 avril Chanik est à l'eau à Port-La-Forêt et depuis, les derniers préparatifs se précisent. La partie technique est quasiment validée à la suite de nombreuses sorties en mer régulières. En fin de semaine, j'envisage de faire une dernière petite navigation d'une semaine vers les Scilly en me mettant dans la configuration "Longue Route" et valider ainsi l'ensemble.
Au retour il me restera à embarquer les vivres ...
En attendant de vous raconter la suite, je vous propose de m'accompagner autour du monde. Faites partie de l'aventure, entrez dans l'association "Fanch sur La Longe Route"
Il reste encore de la place pour inscrire votre nom à bord de Chanik

PS : Merci à Renée pour ce bel article paru dans Ouest-France

samedi 28 avril 2018

Association Vanille Fraise

Parmi les valeurs qui me tiennent à cœur et qui soutiennent mon projet, il y a la solidarité. Solidarité en portant haut et clair les couleurs de l’Association Vanille Fraise. Cette association a comme mission de sensibiliser les pouvoirs publics sur cette maladie rare et grave qu’est le syndrome de Sturge Weber. Le syndrome de Sturge-Weber est une malformation vasculaire congénitale caractérisée par une malformation capillaire faciale (classiquement dénommée « angiome » plan), accompagnée de troubles oculaires et neurologiques.
À travers l'exemple de leur fille Julia atteinte du syndrome, Jérôme et Alexandra Richer ont fondé Vanille Fraise, leur objectif est d'aider la recherche, de trouver les meilleurs traitements, et de partager leur combat pour aider aussi les personnes concernées par cette maladie.
Créée récemment, l’association a déjà bien pris racine au cœur du pays du Mont Blanc, et grâce à l’énergie de Jérôme et Alexandra, les partenaires et les missions se multiplient.
Mais pour sensibiliser les pouvoirs publics, l’association a besoin du plus grand nombre de soutiens possibles, c’est pourquoi je suis heureux de leur offrir une large visibilité à travers mon projet de La Longue Route.

Visitez le site Vanille Fraise et soutenez-les !