vendredi 8 mars 2019

Retour à Jacaré


Il y a un peu plus de 6 mois nous quittions Jacaré. Nous voici de retour après avoir bouclé un « Tour du monde en Solidaire » par les trois caps australs. Quelle belle aventure !
Je vais profiter de cette escale pour me faire soigner d’une hernie inguinale (à vos dicos messieurs dames ... ) qui commence à me chatouiller. Le moindre effort me fatigue sérieusement. Je n’aurais pas pu revenir directement en France en supportant cette douleur qui amplifie.
Francis, toujours aussi fidèle, profitera de cet arrêt au stand pour faire un bon check-up de son bateau avant de repartir, seul, en France. Effectivement, après une probable intervention chirurgicale, il me faudra suivre une période de convalescence avant de reprendre la mer avec Chanik ...

Mais d’ici là, on aura le temps d’en reparler !

lundi 25 février 2019

du frigo au four ...

Le Cap Horn ne serait presque qu'un lointain souvenir s'il n'avait pas laissé autant de traces au plus profond de moi. Il a gravé son passage comme un sillage indélébile, un albatros tatoué sur mon cœur. Cela fait quand même trois semaines et je m'en souviens comme si c'était hier ...
Nous sommes maintenant bien remontés dans l'Atlantique, à la latitude de Rio mais un peu encalminés dans un magnifique anticyclone.
Nous étions frigorifiés et trempés par les embruns des hautes latitudes et maintenant nous voici immobilisés dans une pétole caniculaire. L'été austral bat son plein, 37 ° C à l'intérieur comme à l'extérieur, sans un souffle d'air. Ne nous plaignons pas, la mer est à 30 ° C, température idéale pour les bains rafraîchissants. Eole ne semble pas trop perturbé par notre sort, il envisage même de continuer à jouer aux abonnés absents d'ici les prochains jours. Il ne nous reste plus qu'à sortir le tricot pour patienter. Heureusement, il est largement autorisé de se laisser bercer par ce paysage maritime enchanteur, de dormir à la belle étoile, sous la Voie Lactée, avec la Lune comme lampe de chevet pour bouquiner tranquillement avant de s'endormir sous la Croix du Sud bienveillante. Je ne saurais pas donner de définition au bonheur mais cela pourrait s'en rapprocher ...

Fanch, heureux en mer, ...

mardi 5 février 2019

Cabo de Hornos,

Depuis une semaine nous enchaînions dépressions sur dépressions qui nous poussaient inlassablement. De grosses journées et de belles distances parcourues mais aussi beaucoup de fatigue accumulée. Notre impatience à atteindre le fameux Cap cachait une sorte de lassitude. Et enfin le jour J arrivait !
Francis était devant moi depuis quelques jours, depuis le sauvetage de Sébastien. Il est donc arrivé le premier, le matin, dans la brume sans avoir la chance de l'apercevoir, même en s'approchant à 13 nautiques. La météo était encore dynamique, avec des vents portants de 30 à 40 noeuds et une bonne houle de 4 mètres, quand même bien praticable. Chanik ne portait qu'un petit tourmentin à l'avant. Tout se passait bien et d'après mes calculs je devais arriver en début d'après-midi.
Un peu avant midi, j'étais à une quinzaine de nautiques du rocher, toujours rien en vue. Je commençais à me faire une raison : je ne le verrai pas non plus cette fois ci. La mauvaise visibilité en décidait ainsi. « Encore un qui ne connaît pas Raoul ! », se serait écrié Bernard Blier dans les Tontons Flingueurs. Je continuais à me rapprocher prudemment quand soudain, un appel radio me sortit de mon intense détermination : « Chanik, de control trafic de Cabo de Hornos, do you read me ? over ». Nous avions été détectés grâce à notre signal AIS émis en permanence. S'en est suivi un long échange à la vhf avec le gardien du phare (guetteur sémaphorique). Quelle joie de partager ce moment en direct avec lui ! Il me confirme la visibilité réduite à 3 nautiques et me suggère d'approcher encore. Dans ces conditions, lorsque la météo est mauvaise, comme aujourd'hui, il ne me semblait pas très prudent d'approcher trop près à cause de la remontée des fonds qui peuvent avoir une incidence sérieuse sur la grosseur des vagues. Il me rassure et m'annonce que c'est finalement très praticable. Je le soupçonne d'avoir senti à quel point je le voulais ce Cap !
Effectivement, une heure plus tard, comme il l'avait prévu, le Rocher se détache doucement de la brume ... et en même temps le ciel se déchire pour laisser apparaître complètement le soleil, comme par miracle ... Ho ! Je n'en revenais pas moi-même ! Et là, une émotion intense s'empare de moi, je me mets à hurler de joie, de bonheur, j'en pleure, je suis complètement boulversé ... ça y est ! Il est là, devant moi, à 3 nautiques, grandiose, énorme ! Ma surprise est interrompue par un nouvel appel radio, mon gardien de phare, mon protecteur du lieu, venait de m'apercevoir. Il était aussi content que moi. Je ne lui ai pas caché ma joie et il le sentait bien. Et nous voilà à discuter de cette magnifique aventure qui m'a amené ici aujourd'hui. Il me demandait si tout allait bien et si je n'avais pas de problème, ... une magnifique discussion surréaliste qui a bien duré une quinzaine de minutes. Nous avons échangé nos adresses mails pour nous recontacter plus tard. Il m'enverra des photos de Chanik qu'il est en train de prendre en ce moment même ... je suis comme dans un rêve ...
Non, je suis bien là, je le vois, il est sous mes yeux. Je prends enfin conscience de ce que je suis en train de vivre. Je savoure. Quelle émotion ! À ce moment là, dans ma tête, j'entends le Grand Jacques chanter :
« ... Rêver un impossible rêve,
Porter le chagrin des départs,
Brûler d'une possible fièvre,
Partir où personne ne part,
Aimer jusqu'à la déchirure,
Aimer, même trop, même mal,
Tenter sans force et sans armure,
d'atteindre l'inaccessible étoile ... »
Ces mots m'accompagnent depuis le départ du Bono. Écrits au dos d'une carte postale représentant« Joshua », le voilier de Bernard Moitessier, ces mots tracés par les mains de Magali . Une envie de l'appeler, là, maintenant, pour pleurer de bonheur avec elle, en direct. Emotion encore plus forte. Nous l'avons passé ensemble ce Cap Horn. C'est grâce à elle si j'y suis arrivé. Elle a sa part, énorme, dans la réussite de ce projet complètement fou ...
Soudain, une grosse déferlante me rappelle à l'ordre, cockpit envahi, je m'accroche à la barre pendant ce coup de gite monumental. Et oui, on est quand même dans l'un des endroits les plus dangereux de la planète. Il faut rester vigilant, toujours. Malgré mon harnachement de gros temps, je suis complètement trempé. Trempé mais heureux ! Mon téléphone s'est noyé, un de plus ...
L' Atlantique est devant nous. Il nous fait un accueil somptueux, beau temps et belle mer depuis deux jours. Le bonheur !

dimanche 3 février 2019

Cap Horn

Chanik et moi avons franchi le Cap Horn ce dimanche 3 février 2019 à 19h (heure française).
Je vous prépare le récit épique de cet épisode ...

lundi 28 janvier 2019

Fortune de mer

Notre ami Sébastien Debierre, l'un des participants à « La Longue Route 2018 » vient de perdre son trimaran à quelques centaines de nautiques du Cap Horn. Il a été secouru et embarqué à bord d'un cargo. Cela se passait les mardi 22 et mercredi 23 janvier derniers. Je vous laisse le soin de découvrir son récit :
...
"Ça a débuté comme ça, je pensais avoir trouvé une solution au Sud pour arriver rapidement au Horn. Sous gv 3 ris, je suis descendu sous 50 degrés Sud, ça filait bien avec le Nord Ouest, bien que limite parfois dans les surfs. 
Le lendemain il y a eu la bascule au sud ouest et la houle est devenue énorme. Sous trinquette seule pour limiter les survitesses, j'arrivais à faire de l'Est à 1500 miles du Cap Horn. 
Puis il y a eu une vague beaucoup plus grosse que les autres, le trimaran a littéralement décollé dessus et est retombé sur le flotteur tribord. Je n'ai rien constaté sur le moment. Dans l'après midi j'ai commencé à entendre des couinements suspects à l'intérieur. J'ai inspecté les bras de liaison puis les flotteurs et j'ai constaté un léger déchirement de la strate sur le pont du flotteur tribord au niveau des bras de liaisons avant et arrière. 
Il n'était plus question de continuer à faire route et je me suis détourné vers le Nord en direction de Chanik et Alizés2. 
Avec Fanch et Francis nous avons fait le point pour envisager la suite. Je devais faire une estimation plus approfondie des dégâts, quand les conditions le permettraient et décider soit d'abandonner le navire en rejoignant Chanik, soit continuer entouré de mes deux amis au cas où, ou alors remonter en Polynésie pour réparer. Mais le vent et la mer ont continué à forcir et ne m'ont pas laissé le choix. Dans la soirée il y a eut un gros crac et le flotteur a commencé à se détacher. J'ai déclenché ma balise de détresse. 
Les secours ont été d une incroyable efficacité. On m'a prévenu rapidement qu'il y avait un cargo à 88 miles de moi et qu'il me récupérerait dans la matinée. Au matin le flotteur s'est entièrement détaché et s'est logé sous la nacelle retenu par les haubans. Le mat extrêmement sécurisé n a pas bougé. Avec la trinquette j'ai maintenu l'équilibre sur le flotteur bâbord.
Le MRCC Chile a donné au cargo la position du déclenchement de ma balise sans tenir compte de ma dérive au vent et aux vagues. Dans la nuit j'ai parcouru 60 miles dans l'Est . Au matin le capitaine du cargo m'a appelé pour me demander où je me trouvais et je lui ai donné ma nouvelle position. Ils sont arrivés 6 heures plus tard en fin d'après midi. 
Et là, le truc le plus incroyable que j'ai vécu a commencé.
Ce cargo gigantesque qui ne passe pas les écluses de Panama a commencé à se rapprocher. Le capitaine m'a donné les instructions de la manœuvre par VHF. Il allait se mettre au vent pour me casser les vagues ( 7.5m de creux) et nous allions naviguer à même vitesse côte à côte jusqu'à se rapprocher à moins d'un mètre. Puis ils allaient m'envoyer un filin que je crochèterais sur mon harnais. 
J'avais au préalable enfilé ma combinaison de survie. La première tentative a échoué, puis le cargo a manœuvré, je me suis retrouvé sur son arrière, ils ont pu m'envoyer un messager, j'ai récupéré la ligne de vie. Le trimaran s'est retrouvé à frotter sur la coque du cargo. La seule solution pour me récupérer était de sauter dans l'eau. Pendant que les bras de liaison explosaient, j'ai plongé. 
Je me suis retrouvé sous la nacelle entre la coque du flotteur et la carène du cargo. L'équipage m'a alors propulsé à fond pour ne pas me faire écraser. Pendant une minute, j'ai été traîné dans le Pacifique ne pouvant plus respirer sous des gerbes d'eau, puis j'ai été comme catapulté le long de la coque jusqu'à arriver au pont.
Là, un sympathique équipage Ukrainien m'a accueilli. J'étais incapable de tenir sur mes jambes tant le moment avait été fort. Encadré par deux gaillards, ils m'ont conduit à l'infirmerie pour constater qu'il n'y avait pas de dégâts. Après une douche chaude, ils m'ont donné des affaires sèches et conduit dans ma cabine. 
Me voila embarqué sur le "Mineral Beijing" pour finir ce tour du monde. Car l'ironie de l'histoire veut que ce cargo passe le cap Horn et aille aux Pays Bas pour livrer sa cargaison australienne de charbon. La longue route continue mais pas sur le même navire…
J'ai atteint les limites du trimaran en voulant forcer un passage. Fatigue des dépressions australes et du froid glacial, j'ai voulu en finir rapidement avec cette navigation, on voit le résultat, je ne suis pas fier d'avoir abandonné mon bateau. Je savais que cette descente était plus problématique pour le multicoque. Je pensais pouvoir me faufiler, mais les coups de vent se sont enchaînés tous les deux jours.
Merci au capitaine du Mineral Beijing et son équipage pour leur incroyable manœuvre et leur gentillesse.
Merci aux MRCC pour leur efficacité.
Merci à Fanch et Francis pour leur soutien."
...

Francis et moi étions les bateaux les plus proches lorsque Sébastien a commencé à subir cette terrible épreuve. J'étais à un peu plus de 200 nautiques devant lui et Francis encore bien devant. Nous avancions tous les trois assez vite en direction du Cap Horn, poussés par des vents au portant. Aussitôt prévenus par Sébastien j'ai fait demi tour pour venir à sa rencontre tandis que Francis stoppait sa progression et restait en Stand by. 
Je me suis lancé au près, dans cette mer en furie pour me rapprocher le plus possible de Sébastien. Le but était de le rejoindre dans une zone plus calme pour faire le point avec lui, voire l'embarquer à bord si la situation venait à se dégrader. Bien entendu, c'était sans compter sur le fait de devoir affronter un vent de face entre 30 et 40 noeuds dans une houle de plus de 6 mètres, un vrai bonheur ! Mais peut importe, il fallait agir vite tout en prenant le maximum de précautions pour éviter le sur-accident !
Dans ces conditions de mer, ma progression vers Sébastien était lente et difficile. Heureusement le cargo, alerté par les secours, est arrivé plus vite que moi et a permis d'abréger cette longue attente ... Je suis resté en approche jusqu'au bout et je gardais un contact permanent avec Sébastien pour le rassurer. Sans ce cargo providentiel, il m'aurais fallu plus d'une journée supplémentaire pour rejoindre Sébastien ...

J'ai une pensée très émue pour notre ami Sébastien qui a vécu l'épreuve difficile de devoir abandonner son bateau. Il s'en sort indemne et c'est tant mieux !
Cette fortune de mer qui arrive dans les mers du sud, réputées pour être les plus dangereuses et les plus dures du monde devra nous rappeler à l'ordre. Dans cette aventure longue et difficile nous devons rester vigilants en permanence malgré la fatigue cumulée depuis près de 200 jours de mer et malgré l'impatience d'en venir enfin à bout ...

Francis et moi avons repris notre progression vers le Horn avec beaucoup de prudence. Les conditions restent encore musclées (ici c'est tout le temps comme ça ! ) mais quand même bien praticables.

dimanche 20 janvier 2019

A l’approche du Cap Horn ...

La pression monte doucement à bord tandis que celle du baromètre joue au yoyo, sur les cadrans. Aujourd'hui, à l'heure où j'écris ces lignes, 1700 nautiques (3150 km) nous séparent du fameux Cap Horn. Il nous faudra une quinzaine de jours pour l'atteindre.
Tous les matins, l'analyse des données météo m'aide à trouver la bonne option. Bien sûr il serait tentant de faire route directe, Cap au 120 , je préfère éviter de nous mettre en difficulté avec le train de dépressions qui nous arrive dessus. Tout l'art est de trouver la bonne façon de passer en douceur.

Je repense souvent à cette journée du 25 juillet 2013, il y a 5 ans et demi, je franchissais le Cap Horn pour la première fois. La météo était déchaînée, des rafales entre 50 et 70 noeuds, une tempête. Chanik s'était couchée deux fois, et se relevait aussitôt, elle me demandait de lui venir en aide. Raymond commençait à s'essouffler, je me suis équipé et je suis sorti prendre la barre. J'étais serein, le temps était exceptionnel, une succession d'averses de grêle et d'éclaircies renvoyait des éclats d'argent provenant des crêtes des vagues. Le vent et la mer nous poussaient très fort et d'un même élan comme pour nous dire « c'est bon, vous pouvez passer maintenant ! ». Nous étions trop loin pour l'apercevoir (une trentaine de nautiques) et j'étais tellement concentré, ce n'était pas important au fond ! J'étais plutôt préoccupé par le temps que je devrais passer à la barre. Et au bout de quelques heures, une accalmie, 40 noeuds, j'ai repassé la main à Raymond qui avait eu le temps de faire sa pause. Ça y était, nous avions quitté le Pacifique et nous revenions en Atlantique. Je me souviendrai toute ma vie de cette incroyable journée ...
Cette fois, ce sera certainement encore différent. Peut-être aurai-je la chance d'apercevoir le rocher ... j'espère !

En attendant, tout va bien à bord. Après une belle semaine de beau temps, soleil et températures plutôt clémentes, nous négocions aujourd'hui une nouvelle dépression. 30 noeuds au grand largue et 40 dans les rafales. Une deuxième arrive derrière aussitôt. Il faut dire que nous approchons quand même des 50 èmes hurlants ! La grand voile est affalée et le génois est complètement enroulé. (Je ne peux d'ailleurs plus m'en servir depuis 3 semaines, je dois l'affaler pour recoudre une déchirure et je n'ai pas encore trouvé le bon créneau de calme, depuis j'alterne donc entre foc et trinquette sur étai larguable. ). Nous sommes sous trinquette seule et avançons tranquillement entre 6 et 8 noeuds, au milieu d'une mer bien formée ... sous le regard bienveillant des albatros toujours aussi majestueux !

dimanche 13 janvier 2019

Meilleurs voeux du Pacifique

Aujourd'hui la météo est plutôt clémente. Le temps revient au beau, presque 19 degrés affichés au thermomètre cet après-midi, la mer est encore bien agitée avec une houle qui diminue progressivement, il ne reste plus que 3 mètres. Nous sommes au milieu du Pacifique et je vous souhaite une bonne année 2019.

Nous venons d'essuyer une nouvelle dépression assez rock'n roll, genre machine à laver sur mode essorage. Des rafales à plus de 45 noeuds et une houle de 6 mètres. Heureusement que nous avons suffisamment de recul grâce à nos fichiers météo, cela nous permet de nous positionner au mieux lorsque le mauvais temps pointe le bout de son nez. Dans ces conditions, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. 

Ce n'est pas tous les jours aussi violent. Il y a aussi les journées calmes, longues, froides et grises durant lesquelles le temps glisse sans accrocher et nous laisse souvent songeurs ... ça peut aussi arriver au milieu du Pacifique et oui !

Et heureusement il y a ces magnifiques journées, comme aujourd'hui. Retour en terrasse pour profiter du soleil et admirer nos amis les albatros qui nous font grâce de leurs majestueuses arabesques dont eux seuls ont le secret. Je vous envoie cette carte postale, de l'autre bout du monde, pour vous accompagner tout au long de cette nouvelle année. Soyez heureux, ne vous laissez pas gagner par la morosité du mauvais temps ou des mauvaises nouvelles distillées en permanence sur les media. Prennez un peu plus de recul. Profitez de la nature, des amis et de la famille. Retrouvez le gout de l'échange et de la communication. Ressentez le bonheur des petits plaisirs. Lancez-vous dans vos projets. Vivez sans compter votre temps. Quand vous aimez, osez le lui dire.

Meilleurs voeux