vendredi 14 septembre 2018
mardi 11 septembre 2018
Good Hope
Comme il porte bien son nom celui-là ! Il n'a jamais été aussi désiré ... espéré. Comme le chemin a été long pour en arriver là ! Je ne repasserai pas en détail, une nouvelle fois, toutes les étapes du début de l'aventure, vous commencez à bien les connaitre. Mais n'ayez crainte, j'y reviendrai encore, mais un peu plus tard ...
Aujourd'hui, je voudrais vous parler de notre cher et regretté Guy Bernardin, sans qui je ne serais pas là aujourd'hui, sur ce tour du monde en solitaire à franchir ce Cap de Bonne Espérance. C'est lui, il faut quand même le rappeler, qui m'a entraîné, sans le vouloir, dans cette incroyable aventure comme il a également entraîné derrière lui, 25 autres marins aux navigations inassouvies. Il a su réveiller au plus profond de moi, de nous, ce désir d'aller jusqu'au bout. Il m'a laissé imaginer qu'un marin ordinaire pouvait le faire avec un bateau ordinaire. Mais en même temps, il nous avait confiés, lors de notre deuxième rencontre, que peu d'entre nous arriveraient au bout. Il voulait nous faire comprendre que nous ne partions pas non plus pour une partie de rigolade ! Il avait même rajouté qu'un tiers ne partirait pas, qu'un autre tiers n'atteindrait pas le Cap de Bonne Espérance et qu'au final, nous ne serions pas nombreux à l'arrivée. Je l'entends encore « Gardez toujours à l'esprit qu'avant tout vous partez pour vous faire plaisir ». Il avait raison sur toute la ligne !
Aujourd'hui le premier Cap est passé, le premier quart du parcours. L'Océan Indien m'ouvre ses portes pour la suite de l'aventure ...
Mes pensées vont également vers Magali, ma compagne et je la remercie d'être là depuis le début. Elle me soutient malgré la grande difficulté que ça représente pour elle(s) qui reste(nt) à terre ... « Femmes de marins, femmes de chagrin...»
mercredi 5 septembre 2018
Balise Argo
ARGO est un programme international, sous l'égide de l'UNESCO, qui utilise des balises pour mesurer la température, la salinité et les courants de la couche supérieure des océans. Ce projet propose de mieux comprendre les interactions océan atmosphère. Il permet de prédire les impacts des changements climatiques sur les communautés côtières, de mieux gérer les incidents naturels ou pollution et de protéger les écosystèmes marins en vue de leur utilisation durable.
Pour faire ces mesures, des capteurs (balises) sillonnent les océans et mesurent en permanence des données de la mer. Celles-ci sont ensuite transmises par satellite aux organismes scientifiques comme par exemple, l'IFREMER, le CNES, le CNRS, METEO-FRANCE et le SHOM.
Le principe de fonctionnement de ces balises est le suivant : elles plongent, de façon autonome, pendant 10 jours jusqu'à 1000 mètres en ensuite 2000 mètres de profondeur. Pendant cette période elles enregistrent des données (température, salinité, immersion, courant). Ensuite elles remontent en surface pour émettre leurs enregistrements vers les satellites. Puis elles repartent pour un autre cycle de 10 jours...ainsi de suite jusqu'à la fin de vie de la balise (en moyenne 4 ans).
Participer à cette Longue Route, pour Francis et moi, c'était également prendre part à ce projet international. Au moment de notre rassemblement au Bono le 18 juin dernier, nous nous sommes donc vu confier par l'IFREMER, deux balises chacun avec pour mission de les mettre à l'eau dans des zones bien définies au départ. Et aujourd'hui, grand jour, j'ai déclenché la première mise à l'eau. Les autres balises seront déployées vers le Cap de Bonne Espérance que nous approchons à grands pas et en Océan Indien.
C'est une réelle fierté de participer bénévolement, à notre petit niveau, à ce programme scientifique international. Pour ma part cela fait partie intégrante de mon projet Longue Route sous son aspect « Solidarité ».
dimanche 19 août 2018
Baleine ...
Au lendemain de notre départ du Brésil, une gentille mais surtout énorme baleine a croisé mon chemin, un monstre mesurant deux fois Chanik au moins. J'ai aussitôt appelé Francis sur la VHF portable que j'avais à portée de main pour lui faire partager mes impressions en direct. Excité comme un gamin, j'ai laissé éclater toute ma joie à la radio mais je crois que Francis a ressenti également un brin d inquietude dans ma voix !
Moment impressionnant, et de pur bonheur !
Francis, à la radio, me disait de prendre mon appareil photo. Mais l instant était unique et éphémère : pas le temps de descendre chercher un appareil, j'ai préféré vivre pleinement cet épisode magique...
Toutes les technologies du mondes, aussi sophistiquées soient-elles, ne pourraient jamais rendre compte parfaitement de l'instant présent. Seul l'artiste, peut-être, arriverait à transcrire ses propres émotions en jouant des mots, des formes et des couleurs avec toute sa sensibilité... »
